09.02.2009
La mémoire et le plein
Représentation le 31 janvier à Bucarest, au théâtre de l'Athénée, dans la foulée des manifestations organisées autour de la Journée mondiale de la mémoire de la shoah, de l'ensemble Les voix étouffées dirigé par le chef d'orchestre Amaury du Closel. Au programme, les chants populaires juifs de Simon LAKS, les danses de Ernst TOCH, la Journée de mon enfance de Alfred TOKAYER.
Des airs et des arias en français ou en yiddish, terriens et graves pour les uns, enjoués et aériens pour les autres. Un répertoire peu connu (voire inconnu), surprenant mais non déroutant, plaisant, touchant. La percevoir comme telle est certainement un moyen de rendre hommage à cette musique "dégénérée" (entartete Musik).
Et derrière le plaisir auditif, immédiatement ressenti, un trouble profond dès que l'on saisit ce qui relie ces compositeurs : tous juifs, tous déportés. Tous témoins d'une tradition musicale juive qui vit encore sous la baguette de Amaury du Closel qui, magistralement, sans aucun pathos, nous rappelle que cette musique, pleine et vivante, témoigne indirectement de l'horreur de la shoah. Telle est la force du projet Voix étouffées (soutenu, cela mérite d'être souligné, par la Commission européenne sur le programme "Europe pour les citoyens").
06:00 Publié dans c. histoire(s) et territoire(s) | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : mémoire, shoah, musique, voix étouffées, bucarest, amaury du closel, simon laks


