24.02.2008
România : one point !
Qui n'a pas compris que le concours Eurovision de la chanson est aux relations entre les peuples en Europe centrale et orientale ce que la géopolitique des symboles est aux relations internationales, à savoir quelque chose d'important, n'est pas vraiment téléphile. Une semaine après l'indépendance du Kosovo et le déplacement du président serbe Boris TADIC à Bucarest pour tenter d'obtenir un soutien unilatéral de la Roumanie à la non-reconnaissance de l'indépendance du Kosovo, les téléspectateurs roumains ont décidé hier que ce seraient Nico et Vlad MIRITA qui représenteraient la Roumanie en mai à la demi-finale de l'Eurovision à Belgrade. Ils chanteront alors en roumain et en italien pe-o margine de lume ("jusqu'au bout du monde", titre révolutionnaire pour une chanson) pour tenter d'obtenir les bons points des téléspectateurs de toute l'Europe (pas celle de l'Union européenne, pas celle du Conseil de l'Europe, mais celle encore plus large de l'Eurovision).
Plus sérieusement : savez-vous que la Roumanie est 6ème sur 27 dans l'Union européenne ? De quoi ? Pour la transposition en droit national des directives européennes ? Et qu'est-ce que cela signifie ? Qu'avec seulement 13 directives (lois européennes) non intégrées dans leur législation nationale, la Roumanie est un très bon élève de la reprise de l'acquis communautaire et fait mieux que certains Etats fondateurs (dont la France) Et encore ? Sur le papier, la Roumanie est un bon élève parmi les Etats membres pour respecter le droit européen sur lequel tous les Etats membres s'engagent. Mais dans la pratique, toutes les normes européennes ne sont pas entièrement appliquées, d'où une première salve d'infractions et une vigileance de la Commission européenne renforcée sur la capacité du dernier entré dans la classe européenne à lutter contre la corruption, le crime organisé et les conflits d'intérêt.
17:20 Publié dans e. l'imaginaire du réel | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Roumanie, Romania, Europe, intégration, Eurovision, droit européen
13.01.2008
an 1 ou an 18 ?
Temps court ou temps long, voilà la question que se pose tout historien aspirant à avoir une vraie profondeur de champ pour analyser le fait historique. Lorsque l'on constate que la révolution roumaine n'a que 18 ans, il est possible de croire que le recul historique est bien là, alors même que tout un travail est encore à faire sur la genèse et la conduite de cette révolution...
Pour autant, en ce début d'année 2008, il est question de la faiblesse, structurelle ou temporaire, du lei, de l'absence de ministre de la justice, du plus grand sapin de Noël en Europe (ou au monde) installé piata unirii à Bucarest... Actualité presque anodine.
Nous sommes an l'an 1 après l'adhésion de la Roumanie à l'Union européenne, célébré le 1er décembre dernier (fête nationale roumaine) par des passants agitant dans les rues de Bucarest des drapeaux à deux faces : l'une avec les couleurs du drapeau roumain avec surimprimé "[premier] premier décembre en Europe", l'autre avec un drapeau européen.
Nous sommes an l'an 18 de la révolution roumaine dont les images à chaud au journal télévisé d'Antenne 2 d'alors (voir les archives en ligne des JT des 21/25 décembre 1989 sur le site de l'Institut national [français] audiovisuel/INA) semblent presque irréelles tant cette réalité semble lointaine.
Le temps court du quotidien est celui de l'intégration européenne de la Roumanie, miraculeuse à considérer ces images. Images qui permettent de mieux mesurer le chemin parcouru par la Roumanie en 18 ans à peine et de comprendre, peut-être, pourquoi ce passé là est dissimulé par un présent, pas nécessairement glorieux, mais conquis à coup de réformes en passe d'être digérées.
18:35 Publié dans d. (sans) transition | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : révolution, Roumanie, roumaine, Europe, intégration, européenne

