15.07.2008

Un delta d'eau, d'oiseaux et d'hommes (1) : le péril environnemental

Début juin, première virée dans le delta du Danubedd48e1f8f597dcac26f42c09db912218.jpg, entre Crişan, Mila 23 et Tulcea, en étant partis par Tulcea dont le charme discret (d'aucuns prétendent...) est d'une discrétion telle qu'il est dur à percevoir.

Départ en ferry par le bras principal du Danube, canalisé au 19ème siècle pour faciliter la navigation, en direction de Crişan, village central au coeur du delta. Croisière étrange entre quelques touristes en quêtes de pélicans et de Lipovènes (j'y reviendrai), des jeunes retournant pour le week-end non pas sur la terre ferme mais en famille sur une terre d'eau, des habitants retournant chez eux après avoir acheté à Tulcea denrées de premières nécessités et matériaux de construction entassés en vrac sur le pont avant du bateau et à l'entrée de la salle des machines.

D'emblée, l'impression que le delta, par cette voie d'entrée principale, est un monde à part, mu par une économie subventionnée (les transports, les biens de première nécessité, afin d'aider à rompre l'isolement d'un territoire d'eau en dehors des flux internationaux depuis le raccordement plus de 200 kilomètres en amont du somptueux Danube à la Mer noire par un canal permettant d'éviter les baroques digressions d'un parcours plus que sinueux) ... et quelque peu déglinguée (Sulina, port militaire et de transit qui ne l'est pas resté, sans compensation...).

Avant de débarquer du ferry pour embarquer avec notre hôte (maquignon d'origine hongroise connaissant le delta comme son portefeuille et dont les meurs commerciales étaient aussi sinueuses que ses virages entre les nénuphars), un premier constat s'impose : le delta n'est pas au premier abord l'univers sanctuarisé et parfaitement protégé que l'on rêve de rencontrer. Seules quelques zones sont protégées et toute la fragilité de cet écosystème unique est liée au fait que malgré l'ampleur de la surface d'oseraies et de bras secondaires et tertiaires à l'abri des flux principaux, la pollution visible 60c84b9b97610d92aa13273678f47695.jpg (des bouteilles en plastique...07fedbfea0ae380ebed4c39683eabc11.jpg) et invisible (pollutions lourdes de l'eau ayant traversé toute l'Europe et hérité de tous les manquements à la législation européenne sur le retraitement des eaux usées et la prévention des pollutions industrielles) s'infiltre partout dans le delta.

 

La prise de conscience politique de la fragilité du delta commence à faire bouger les esprits, mais l'équilibre sera long à trouver entre des initiatives de proximité visant à renforcer le potentiel économique (pêche raisonnée, tourisme vert) de cette zone tout en prenant à bras le corps la question de la qualité des eaux du Danube en amont.

30.03.2008

payer deux fois la facture

L'(in)dépendance énergétique de la Roumanie est un vrai sujet de préoccupation depuis que le prix du gaz livré par la Russie sur le marché roumain a commencé à s'aligner sur les tarifs internationaux, renchérissant considérablement la facture énergétique du pays. Pour les habitants d'immeubles collectifs, les charges locatives, incluant le chauffage, sont en pleine explosion, la proratisation des charges entre occupants sans tenir compte de la consommation de chaque appartement n'incitant pas à la responsabilition individuelle.

Raison de plus de s'interroger sur l'éducation à l'environnement et la sensibilisation aux économie d'énergie dans un pays où le ratio consommation d'énergie/production industrielle est un des plus défavorable (le plus défavorable, même ?) au sein de l'Union européenne.

Sur cette photo 55c9a0829b1f85b97d7d28e31b3e69e9.jpgprise au Palais-musée Brukenthal à Sibiu, l'air frais passant par la fenêtre après une ondée est des plus raffraichissant, d'autant plus que le musée - comme la plupart des lieux publics en Roumanie - est surchauffé.

Et le radiateur sous la fenêtre ? Chauffant au maximum, comme il se doit...

Ou l'art de payer deux fois la facture, environnementale et énergétique. L'Agence roumaine pour les économies d'énergie (Agentia Româna pentru conservarea energiei/ARCE) a du pain sur la planche.