28.10.2008
Podul de Flori, pot-pourri moldave
Les lumières sont les collines sont douces et rasantes et quelques détails font percevoir que nous sommes au-delà du Prut, en République de Moldavie et non pas en Moldavie roumaine : une statue de Lénine encore présente, une référence au raion hérité de l'URSS et non pas au judeţ roumain (équivalent du Département français ou de la Province belge), un parlé très particulier. Derrière ces images d'une campagne qu'un occidental qualifierait d'intacte, une réalité dure mais appréhendée avec une grande générosité : un homme, dur et droit, tendre et parfois perdu, élève seul ses enfants, sa femme étant partie travaillée en Italie.
Le huis clos familial ouvert sur la campagne moldave est retranscrit de manière documentaire, suivant les saisons qui accentuent l'éloignement de la mère. Le regard si juste et clairvoyant de Thomas CIULEI, sur Costica et ses enfants a valeur de fable.
Et pourtant, c'est une réalité massive qu'il présente, celle de dizaines de milliers d'enfants en Moldavie élevés par un seul ou aucun de leurs parents, ces derniers étant partis à l'étranger.
Un regard juste et un documentaire à voir.
22:17 Publié dans c. histoire(s) et territoire(s) | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : moldavie, cinéma, documentaire, podul de flori, le pont des fleurs, thomas ciulei
11.05.2008
Regard(s) européen(s)
Pendant quelques jours encore on peut voir à Bucarest (puis ensuite à Timişoara, Craiova et Iaşi) des films de presque tous les pays européens, programmés sur le thème du dialogue interculturel. Logique en cette Année européenne du dialogue interculturel. L'Institut culturel roumain et la délégation/bureau d'information de la Commission européenne en Roumanie permettent ainsi d'élargir son horizon sans devoir aller au multiplexe voir un énième nanar américain : comme le rappelle la bande-annonce, une semaine par an, le cinéma européen a une (petite) place pour lui chez lui, en Roumanie.
19:50 Publié dans b. fragments bucarestois | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Bucarest, Bucuresti, film, cinéma, festival, Festivalul filmului European, Festival du film européen
23.03.2008
et le reste n'est que silence
J'aime bien les mises en abyme historiques et ai donc beaucoup apprécié le dernier film de Nae CARANFIL, restul e tăcere (le reste est silence), histoire de l'accouchement douloureux et burlesque du premier film de l'histoire du cinéma roumain, Independenţa României (l'indépendance de la Roumanie), film de genre sorti en 1912 retraçant la constitution de l'Etat roumain 35 ans auparavant, en 1877, gagnée contre l'Empire ottoman.
Un film où l'on retrouve la divine Sarah (Bernhard), réalise qu'un impérialisme culturel peut en cacher un autre, et qui permet de mieux comprendre l'attachement viscéral des Roumains au théâtre et aux images et de se souvenir que l'histoire n'est vraiment accessible/imposable au plus grand nombre que quand elle est bien mise en scène...
Tout le reste n'est que silence.
23:00 Publié dans e. l'imaginaire du réel | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Roumanie, cinéma, Nae CARANFIL, restul e tacere, le reste est silence


