29.05.2009
Lire entre les cartes, un plaisir bucarestois
Grand succès samedi 16 mai dernier à Bucarest de la Nuit européenne des musées initiée par le Ministère de la culture et de la communication français et parrainée par le Conseil de l'Europe. Plaisir étonnant, par une douce nuit annonçant déjà l'été de voir déambuler dans les rues de Bucarest, du Musée national de géologie au Musée national d'art contemporain des cohortes de jeunes allant écumer la quinzaine de musées partenaires de l'opération, qui pour certains ont du accueillir en une nuit plus de visiteurs que pour tout le reste de l'année.
J'ai ainsi au gré de mes pérégrinations avec des amis découvert le Musée national de cartes et des vieux livres (Muzeul naţional al hărţilor şi cărţii veci) créé dans les années 1990 dans une jolie villa résidentielle sur la base d'un legs de M. et Mme Adrian NASTASE (ancien Premier-Ministre, par ailleurs très connu par sa tante...). Présentation riche (mais sans mise en perspective historiographique et muséographique) de fragments d'Europe, sous forme de juxtaposition de cartes permettant de voir fluctuer du 15ème au début du 20ème siècle les zones d'extension et d'influence des Empires européens et de voir apparaître puis se stabiliser, péniblement, les frontières des Etats modernes. Un musée qui mérite que l'on y retourne avec quelques livres d'histoire sous la main pour se concentrer sur la remontée du Prut et du Dniestr et mieux comprendre comment les histoires moldave, roumaine, russe et polonaise sont imbriquées dans cette région d'Europe. Ou traverser de manière imaginaire le Danube et les Carpathes avec l'Empereur Traian pour aller à la confrontation avec Decebal (et semer ainsi la graine fondatrice de l'identité roumaine). Ou relever la toponymie des villages transylvains visités par des moines franciscains et transcrite de manière parfois étonnante (les monts métallifères mentionnés, en français dans le texte, comme Mont Saint-Michel !).
Et dans la foulée, l'exposition sur l'Europe aux yeux de la cartogrophie (Europea in oglinda cartografiei) présentée jusqu'au 30 mai au Musée national de Cotroceni, hélas encore plus confidentielle, mérite le détour. Mais pour y parvenir, il faut être doublement initié : savoir que l'exposition existe et montrer patte blanche pour pouvoir, après être rentré au Musée Cotroceni (palais présidentiel) sur réservation préalable, comprendre que cette exposition est présentée dans une salle annexe et insister pour y aller.
La nuit des musées passée, nous étions deux à voyager dans le double-espace du temps historique et de la représentation géographique pour mieux comprendre à quel point la Roumanie s'est construite patiemment à la croisée des Empires et des barrières naturelles.
08:21 Publié dans c. histoire(s) et territoire(s) | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : roumanie, muzeul national cotroceni, europe, europa, cartografia, cartographie, cartes


