13.01.2008
Transylvanie, Ardeal, Erdely, Siebenbürgen : à en perdre son (bas-)latin
La Transylvanie, vue de Bucarest, est derrière l'arc des Carpates, montagnes de plus en plus déboisées. Prenant la DN1 en direction de Brasov, on arrive en Transylvanie au niveau de Predeal en passant - sans le voir - ce qui était jusqu'en 1919 la frontière entre la Roumanie et l'Empire austro-hongrois. En Roumain, Transylvania renvoie aux territoires repris sur la Hongrie après 1919 et cette notion englobe aussi bien la Transylvanie historique, pivot multiculturel entre influences hongroise, roumaine, slaves, germaniques et ottomane, que les Maramures et la Crisana. On entend donc plusieurs choses par Transylvanie, tout comme lorsqu'on parle des Balkans (qui s'arrêtent au sud du Danube, si bien que la Dobroudja, partie de la Roumanie comprise entre le Danube et la mer Noire est, à proprement parler, balkanique, et par extension, la Roumanie en petite partie). La n'est pas le sujet. L'objet de ce billet est de corriger une grossière erreur faite hier devant quelques amis : Ardeal, dérivé du hongrois Erdely dérive bien du latin trans-sylvania, "au-delà de la forêt" et non du supposé nom d'une peuplade latinisée ! Car la Transylvanie, enclavée par sept montagnes, se situe au-delà des forêts, ce qui en fait un pays bien réel pour muscler son imaginaire. Et donc, Ardeal, acception roumaine courante pour parler de la Transylvanie historique, renverrait par glissements sémantiques successifs à cette même réalité. A moins que ceci ne renvoie à une quelconque racine celte qui ferait de l'Ardeal roumain multiculturel une contrée soeur de l'Ardenne (franco/belge) et de l'Ardèche (française) ?
17:00 Publié dans c. histoire(s) et territoire(s) | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Transylvanie, Siebenbürgen, Transylvania, Ardeal


