21.03.2008
le regard intérieur
Excursion il y a quelques jours à Tărgovişte, ancienne capitale princière de la Valachie, dont l'urbanisme actuel n'est pas vraiment au diapason de ce que cette ville représente dans l'imaginaire roumain : passé le porche de la curtea domneasca (cour princière), on peut monter par un très bel escalier à vis en bois en haut de la tour de Chindia du haut de laquelle on embrasse cette ville moyenne et peut commencer à devenir les premiers contreforts des Carpates. Redescendu sur le plancher des vaches, le centre-ville se caractérise par son absence d'unité, le regard passant d'une jolie demeure de la fin du 19ème siècle à des bâtiments des années 80 à l'air de tragiquement déjà vu. Bref, une déception.
Par contre, à quelques kilomètres de là, jolie surprise à Doiceşti, commune posée de par et d'autre d'une voie de chemin de fer, écrasée par la présence d'une centrale thermique, a priori inintéressante. Mais poussée la porte du cimetière, l'église paroissiale renvoie à une autre réalité avec ses fresques noircies par le suif, son bedeau arrosant les plantes grasses posées sur une nappe en plastique dans le jardin d'hiver surajouté à l'entrée de l'église. Et cette présence bienveillante de quelques jeunes venant se recueillir tout comme le regard amusé des chiens placides allongés au pied des tombes...
Par une vitre sale, laissant passer un rai de lumière tout juste suffisant pour deviner les siècles de piété accumulés dans ce non-lieu, la cheminée de la centrale thermique. N'ayant pas d'appareil photo, seul le regard intérieur permet de se remémorer ce qui aurait été un parfait cliché de la Roumanie rurale, terre de contrastes, nécessairement !
22:38 Publié dans e. l'imaginaire du réel | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Roumanie, Tărgovişte, Doiceşti, Valachie


