28.10.2008
Peaux en stock : chez Dan COMA, maroquinier
Un sous-sol regorgeant de peaux plus fines et délicates les unes que les autres, dont du cuir d'agneau orange, identique à celui utilisé par Hermès. Normal, Dan COMA, LE maroquinier bucarestois, a le même fournisseur, près de Lyon, où il se rend régulièrement.
Chez lui, bottines sur mesures, reliures à la demande du client, sacs de voyage individualisés. Dan COMA a pignon sur rue dans deux boutiques de Bucarest, mais c'est chez lui, Bd. Constantin Prezan, qu'il faut aller pour découvrir son univers personnel, son showroom et son atelier, réunis en une demeure des années 50 à l'abri du tumulte de la ville, insoupçonnable si on ne connaît pas l'adresse.
C'est lui ou sa compagne qui vous ouvrira la porte pour vous mener à son salon où vous pourrez observer robes créés par sa compagne, accessoires et outils du maroquinier ayant traversé les tumultes du 20ème siècle et créations variées, individualisables ad libidum, pour un prix somme toute modeste.
Un îlot de savoir-faire, de tradition, de quiétude, dans une ville où, hélas, tout ce qui est beau et luxueux, semble trop souvent devoir être importé. Sauf les créations de Dan COMA et des créateurs qui, un peu plus nombreux chaque jour, aèrent Bucarest.
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26.10.2008
Hyperréalité(s)
Deux regards non pas croisés mais superposés sur Bucarest en ce moment au Musée national d'art contemporain/MNAC : une exposition photo peu intéressante de Michel BÜHRER sur la cannibalisation urbanistique de Bucarest ("Bucharest, a cannibal city") et une exposition de peintures acryliques de Roman TOLICI, jeune artiste roumain, Cel mai probabili maîne/It could happen tomorrow.
Une dizaine de peintures grand format
sur Bucarest et la Roumanie contemporaine, aux couleurs ternes et criardes, qui exacerbent l'ambivalence de la ville post-communiste, figée dans une tristesse bétonnée et pourtant si vivante. A voir jusqu'au 30 novembre 2008.
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15.09.2008
Calea Victoriei, pe jos (à pied, redécouvrons Bucarest)
Quand on descend Calea Victoriei, artère centrale de Bucarest, et que l'on slalome à pied entre les voitures garées sur l'esplanade séparant l'ancien palais royal (qui abrite le Musée national d'art de Roumanie), de la Bibliothèque centrale universitaire et du théâtre de l'Athénée, on se dit que, décidemment, la bagnole est reine à Bucarest et l'urbanisme inexistant.
Il y a dans les tiroirs de certains cabinets d'architecte des projet de pietonnisation partielle du centre ville. Mais aussi longtemps qu'il n'y aura pas de Plan de déplacement urbain défini et que les Bucarestois auront de nouveau les moyens de trouver une alternative fiable et crédible à la voiture, penser Bucarest sans voitures ne sera qu'une vue de l'esprit.
Du coup, l'initiative proiect pietonal ("projet piéton") du collectif d'architectes POINT 4 soutenue par la revue Arhitectura est intéressante : loin de penser la restructuration radicale de Calea Victoriei, les architectes proposent l'installation d'un trottoir en bois surélevé
qui permettrait la circulation fluide et sécurisée des piétons, tout en limitant physiquement l'emprise des voitures. Dans leur optique, ce projet renvoie à l'histoire de Calea Victoriei , qui s'appelait auparavant Podul Mogoşoia ("le pont [menant vers le faubourg de] Mogoşoia) car la chaussée en bois était en réalité un pont posé sur un terrain marécageux non parfaitement stabilisé.
Le prototype peut être vu devant la librairie Cartureşti sur Bd. Magheru et une pétition peut être signée en ligne.
Voici une initiative participative très urbaine, rare, astucieuse, et qui mérite d'être soutenue !19:05 Publié dans b. fragments bucarestois | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Bucarest, Bucuresti, Calea Victoriei, Podul Mogosoaia, Pont 4, arhitectura, proiect pietonal
14.07.2008
Chronique estivale (1) : paillotes à la bucarestoise
Les week-ends d'été, Bucarest se vide comme un lac de retenue sacrifié pour relâcher un peu d'eau dans un fond de vallée asséché et les chaînes dites "d'information" montrent le plaisir de rôtir les uns sur les autres à Mamaia en contemplant les jets skis contourner les nappes d'huile solaire ; exception faite du 14 juillet où N24 permet au téléspectateur affamé de voir en direct de l'Ambassade de France le Premier Ministre et les autres VIP invités déguster sushis et autres délicatesses offertes au nom du partenariat stratégique franco-roumain qui, du point de vue des symboles, se porte à merveille (mais ceci est un autre sujet...).
Pour ceux qui restent à Bucarest, reste la possibilité d'aller dans les parcs, les malls climatisés ou profiter d'un barbecue sur un coin de terrasse ou un jardinet derrière un immeuble. Les uns vont au Parcul ţineretului (parc de la jeunesse, idéal avec des enfants), les autres à Cismigiu (idéal pour lire) et la plupart à Herestrău, de loin mon préféré.
Il y a quelques jours des amis m'avaient fait découvrir un charmant endroit open air au bord du lac Herestrău, le Lemon Tree, idéal pour prendre son café en lisant ou déguster des mojitos. Chouette cadre, pas trop bling bling ou schickimicki, musique agréable (mais pas de piste de danse), et surtout les pieds dans l'eau : le lieu temporaire parfait pour l'été, comme il en essaime de partout l'été à Bucarest (où les clubs du centre-ville se délocalisent au vert). Hier soir, tentative d'y passer pour finir mon livre en prenant une lemonada (fin de week-end très/trop calme, mais cela est une autre histoire...) : plus rien ! Tout avait été démonté, sans explication.
Et ce matin, explication à la télé, en incrustation d'image de la retransmission du 14 juillet en premier plan : la mairie du secteur a décidé de raser toutes les constructions provisoires illégales, qui semble-t-il, pullulent au bord des lacs. Etant spectateur, je n'avais pas pensé demander en commandant un mojito, puis deux, si ce lieu temporaire mais pas improbable était bel et bien légal.
Pan sur la plaque ! Il va falloir trouver un autre repère pour finir l'été.
15:10 Publié dans b. fragments bucarestois | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Bucarest, Bucuresti, Herestrau, paillote, bar, cluburi, Lemon Tree
11.05.2008
Regard(s) européen(s)
Pendant quelques jours encore on peut voir à Bucarest (puis ensuite à Timişoara, Craiova et Iaşi) des films de presque tous les pays européens, programmés sur le thème du dialogue interculturel. Logique en cette Année européenne du dialogue interculturel. L'Institut culturel roumain et la délégation/bureau d'information de la Commission européenne en Roumanie permettent ainsi d'élargir son horizon sans devoir aller au multiplexe voir un énième nanar américain : comme le rappelle la bande-annonce, une semaine par an, le cinéma européen a une (petite) place pour lui chez lui, en Roumanie.
19:50 Publié dans b. fragments bucarestois | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Bucarest, Bucuresti, film, cinéma, festival, Festivalul filmului European, Festival du film européen
02.04.2008
MM. PO(u)T(EMK)INE and co. en visite à Bucarest
Etrange spectacle ce soir de voir Calea Victoriei (plein coeur de Bucarest) vide avec des policiers et des gendarmes souriants et fermes postés tous les 10 mètres pour expliquer aux passants moins nombreux qu'eux qu'il serait inconsidéré de traverser en dehors des clous. Pas de trafic "civil", juste trois bus aux vitres fumées escortés par la police remontant à toute berzingue vers le nord des escadrons de "young Atlantists" (sic), avant-garde des officiels qui à compter de demain, mercredi 2 avril, seront présents pour le sommet de l'OTAN (à suivre sur internet).
Pas d'analyse ce soir des tenants et des aboutissants de ce sommet qui confortera la volonté roumaine de se situer comme un pivot entre l'UE atlantiste d'une part (dont la Roumanie est une très loyale composante) et les Balkans occidentaux ainsi que ses plus ou moins encombrants voisins sur le pourtour de la Mer noire d'autre part...
Juste un air de déjà vu, une réminiscence du syndrome du village Potemkine, dans un Bucarest normalement tumultueux, chaotique, européen et oriental, dont la voirie est un poème valacho-danubien. Mais depuis quelques jours, marquages au sol parfaits, nids de poule comblés, signalétique revisitée, terre-pleins fleuris donnent à Bucarest un petit air de Genève ou de Vaduz.
En 2006, le sommet de la Francophonie avait été un galop d'essai pour inscrire Bucarest sur la carte des métropoles internationales ; le sommet de l'OTAN sur 3 jours permettra-t-il enfin que je n'aie plus à expliquer que Bucarest et Budapest, ce n'est pas la même tête d'épingle sur la carte d'une Europe centrale, orientale et du Sud-Est hélas trop peu connue des Européens de l'Ouest ?
00:05 Publié dans b. fragments bucarestois | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Bucarest, Bucuresti, OTAN, NATO, Sommet de l'OTAN
17.02.2008
La Roumanie d'un trait d'aile
2h24 du décollage à l'atterissage pour aller de Paris CDG à Bucarest : la Roumanie n'est pas si loin que cela de la Belgique et de la France et l'offre tend ces temps-ci à s'étoffer.
Voici les liaisons directes existantes vers la Roumanie :
- Bruxelles/Bucarest : Brussels Airline ou MyAir
- Charleroi/Bucarest : Wizz Air
- Lyon/Bucarest : Blue Air
- Paris CDG/Bucarest : Air France et TAROM ou MyAir
- Paris Beauvais/Bucarest : Blue Air
A vous de voir l'offre de ces différentes compagnies conventionnelles (Air France et TAROM en partage de code sur Paris/Bucarest) ou low cost (Blue Air la roumaine - sérieuse et fiable -, My Air la fantasque italienne - nombreux retards ou annulations - et Wizz Air la hongroise qui monte). Air France et TAROM en réservant à l'avance ne sont pas nécessairement plus chères.
Et si vous voulez aller dans le Banat (Timişoara) ou en Transylvanie (Cluj, Sibiu), nombreuses sont les possibilités d'y arriver directement depuis Milan (sur Alitalia), Turin (sur CarpatAir), Vienne (sur Austrian Airlines) ou l'Ouest de l'Allemagne (Düsseldorf, Francfort/Main, Stuttgart, desservies par CarpatAir, Munich par Lufthansa et CarpatAir). Pour faire un Lyon/Cluj ou un Marseille/Timişoara, pas besoin de changer deux fois et de passer par Bucarest ou Paris !
14:25 Publié dans g. autres sources | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Roumanie, Romania, vols, liaisons aériennes, Bucarest, Bucuresti
04.02.2008
bling...
Aujourd'hui : rien.
... bling
19:20 Lien permanent | Commentaires (3) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Bucarest, Bucuresti, Roumanie, Romania
03.02.2008
un Casse-noisette peu en cacher un autre
Attention : un Casse-noisettes peu en cacher un autre. En ce moment dans les rues de Bucarest, on trouve des affiches annonçant la venue à la Sala Palatului du Théâtre du Bolchoï de Moscou puis du Ballet national de Kiev pour jouer Spărgătorul de nuci (Casse-noisette) sur la chorégraphie originale de Marius PETIPA et la music de Piotr Ilitch TCHAÏKOVSKY.
Les fans de TCHAÏKOVSKY peuvent ainsi se réjouir de cette contribution au rapprochement cuturel (il y a du boulot) entre la Roumanie, l'Ukraine et la Russie, ou aller voir les héritiers du Buena Vista Social Club ou, plus hasardeux, aller voir une pièce inspirée de l'exécution de Nicolae et Elena Ceaucescu
...
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27.01.2008
le regard interdit
Si vous êtes à Bucarest, courrez d'ici le 3 février à la galerie du Musée national d'art contemporain (3ème/4ème étage du Théâtre national, entrée sur l'aile droite du batiment, bd. Carol Ier) voir l'expo Fotografii şi imagini interzise şi personale (photographies et images interdites et personnelles) de Andrei PANDELE, architecte et photographe qui exposes des scènes de rue et de vie quotidienne à Bucarest (et ailleurs en Roumanie), prises de mars 1977 (tremblement de terre qui ravagea Bucarest) à l'après-révolution.
Les petits riens qu'il photographie avec humour (un berger chargeant sa barque d'agnelets, une femme s'épilant devant un tas de maïs à l'heure des travaux agricoles obligatoires...), désarroi (l'urbanisme arbitraire des années 80), ou agacement (Elena Ceauşescu paradant boulevard Magheru dévasté par le tremblement de terre dans sa Mercedes noire avec comme seule commentaire : "la savante analphabète"...)
sont autant de fragments de la vie quotidienne à Bucarest au cours de ces trente dernières années, vus avec empathie et dérision.
===Expo ouvertue du mercredi au dimanche de 10h00 à 18h00, entrée gratuite===
17:35 Publié dans e. l'imaginaire du réel | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Bucarest, Bucuresti, photo, reportage, architecture, vie quotidienne, Andrei PANDELE


