20.01.2008
au théâtre ce soir
En sortant l'autre soir de l'Athénée roumain, salle de la Philharmonie Enescu, m'étonnant de voir un ciel de brume être soudainement descendu sur le coeur de la ville, prélude à la fonte des neiges
, j'étais un peu songeur, tant ce lieu est chargé de symboles.
Symbolique explicite de l'exaltation d'une histoire nationale sous la coupole de la grande salle de concert avec une fresque présentant en 25 motifs les grands moments de l'histoire roumaine telle qu'elle pouvait être perçue à la fin des années 1880, alors que Bucarest se construisait à l'image de ce que voulait être la Roumanie moderne : occidentale et ouverte, mais également ancrée dans le temps long d'une légitimité historique bien plus forte que la (non-)réalité stratégique de l'existence de la Roumanie dans le concert des nations.
Symbolique aussi de voir un chef américain, Larry LIVINGSTONE, diriger en première partie l'ouverture à Candide de Leonard BERNSTEIN, suivie d'un concerto pour clarinette et orchestre de MOZART et de la 5ème symphonie de CHOSTAKOVITCH, balayant d'Ouest en Est les frontières entre musique "bourgeoise" et européenne. Aurelian-Octav POPA, clarinettiste de la Philharmonie et soliste mis en avant pour ce concert, virtuose et fantasque, était heureux de partager avec son public ces envolées maîtrisées.
Et sans à aller chercher de symboles, quel plaisir de voir au concert un public varié, pas tape-à-l'oeil, bourgeois et populaire, jeune et vieux, bien et mal habillé. A se demander si l'Athénée n'est pas un des très rares endroits à Bucarest où des gens venant d'horizons très variés se rencontrent sans se croiser...
12:45 Publié dans b. fragments bucarestois | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Bucarest, Bucuresti, culture, musique, Athénée, Mozart


