08.02.2009

Napoléon III et les provinces roumaines : post-scriptum lyrique !

L'exposition sur Napoléon III et les provinces roumaines s'est achevée ce week-end, après avoir été prolongée. En "finissage", un concert au Musée Enescu (abrité dans le Palais Cantacuzino, un des 4 sites roumains labellisé Patrimoine culturel européen) de la soprano Anne-Sophie SCHMIDT, accompagnée au piano du so british Paul DAVIS.

J'avais une appréhension à l'idée d'aller écouter des airs de Fauré, Saint-Saens, Gounod, Massenet, hommage rendu aux fêtes de l'impératrice Eugénie (musique nécessairement "pompier" et lourde, me disais-je). En réalité, musique légère, frivole, élégante alors qu'elle aurait pu sembler vulgaire. Pendant une heure et demi, Anne-Sophie SCHMIDT nous a ramené à l'époque de Napoléon III et des débuts de la IIIème République : une ravissante contribution à la (tentative de) réhabilitation de cette époque !

17.11.2008

Le retour du concombre courbe (ou l'agriculture roumaine en avance sur son temps)

Un des immenses plaisirs d'aller au marché Obor est de trouver des fruits et légumes de qualité, de saison et dont la traçabilité est garantie : pommes de Voineşti, endives rouges de Teleorman...

Tout cela n'est pas nécessairement bio, mais le circuit de vente est court et permet de savoir d'où vient ce que l'on mange. Dans tous les cas, l'agriculture derrière ce que l'on met dans son cabas est raisonnée et acheter ses tomates (charnues, nécessairement charnues) à Obor est bien plus pertinent que d'aller les acheter à Carrefour (où elles seront probablement transgéniques, hollandaises, liquides, sans goût ... et plus chères).

Plusieurs fois, je me suis étonné de voir au marché des légumes non normés, non calibrés, en infraction flagrante avec une législation communautaire très décriée, tant elle peu sembler absurde (du point de vue du consommateur), inéquitable (du point de vue du producteur indépendant), voire même irresponsable sur un plan environnemental (que faire des légumes non "normés" ?). Et ai craint de voir ceux-ci disparaître à terme des étals roumains, harmonisation communautaire oblige.

Ce ne sera, espérons-le, pas le cas, la Commission européenne ayant annoncé le prochain retour du concombre courbe sur les étals [retourduconcombrecourbe.pdf], via l'abrogation annoncée, partiellement, des normes de commercialisation applicables à certains fruits et légumes.

Les petits producteurs roumains faisant de la vente directe de petites pommes et de concombres courbes ne seront ainsi au 1er juillet 2009 plus en infraction (sous réserve d'étiquetage spécifique pour les pommes). Ils auront, d'une certaine mesure, été en avance.

18.07.2008

Amarres larguées

Et hop, demain matin, je largue les amarres pour un peu plus de deux semaines. Je reviendrai certainement avec de nouvelles choses pour nourrir ce blog, vues de Roumanie (de Bucarest vers la Hongrie) et, plus à l'Ouest, vues sur la Roumanie depuis l'Europe de l'Ouest que je retrouverai quelques jours. Salut !

 

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21.05.2008

La vi(ll)e est à nous : vive la nuit des musées !

La nuit du samedi 17 au dimanche 18 mai était un peu partout en Europe la "nuit des musées" ; cette (bonne) idée du Ministère français de la culture et de la communication a essaimé un peu partout en Europe et reprise en Roumanie à Bucarest à l'initiative du très dynamique Musée national d'art de Roumanie (MNAR).

Lundi matin dans la presse, incrédulité : 100.000 Bucarestois dans la rue pour aller de musée en musée, lit-on dans les journaux. Romania Libera y a même vu (on croit ce que l'on veut croire) le signal d'une société civile en recomposition, souhaitant dépasser le matérialisme ambiant !

De 21h00 à 5h00, pérégrinations du MNAR au Musée national d'art contemporain (MNAC), en passant par le Musée du paysan roumain (Muzeul Ţarănului Român) et l'improbable Musée Enescu, dédié à l'hagiographie du grand compositeur :

- 21h00 : foule monstre au MNAR et animations en tout genre (musique, tableaux animés, projection de films d'avant-garde de l'entre-deux guerre et foule devant les collections des classiques flamands ou français)

- minuit : saucisses et bières au Musée du paysan, ambiance de kermesse, curieux au pas dans le musée, bon enfant...

- 0h30 : passage au Musée Enescu : des djeunes en t-shirt Metallica ou Guns and Roses se recueillent devant les partitions manuscrites du maître

- 2h00 : au MNAC, musardage à travers les collections et down tempo sur la terrasse de l'aile Ouest du Palais du Parlement (très bonne musique, nuit douce)

- 5h00 : le jour se lève, la foule (jeune) s'amuse dans un lieu dédié à l'art contemporain, l'air embaume le tilleul et la rose, Bucarest s'éveille.

Serait-ce l'été ? Bucarest aussi sait être une fête.

ps : et dans la nuit du 23 au 24 mai, des galeries d'art remettent cela avec la Nuit des galeries (Noaptea Albă de Galeriilor)

14.01.2008

géopolitique du yaourt

Le yaourt est d'origine bulgare, parait-il, mais là, c'est d'une co-production franco-israélo-roumaine que je veux vous parler : ca y'est les yaourts Yoplait (la petite fleur) sont arrivés en Roumanie, pour le plus grand plaisir des amateurs de yaourts bien onctueux.

Je ne peux pas résister à faire un peu de pub pour ces 45e60205fc89f2cf1f9b2077f1392478.jpg yaourts produits par une entreprise israélienne, Tnuva Romania, non loin de Bucarest : celle-ci a investi plusieurs dizaines de millions d'euros avec le soutien de la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD) pour acheter une ancienne ferme collective et installer une unité de production parmi les plus modernes en Europe. Il s'agirait du plus gros investissement israélien en Roumanie. Et in fine, ce sont des yaourts d'une marque française, issue de la tradition coopérative, qui sont produits sous licence.

Effectivement Yoplait est détenu aujourd'hui à 50% par PAI, banque d'investissement de BNP Paribas et ) 50% par le groupe SODIAAL qui demeure quant à lui coopératif, mariage (très difficile) entre une logique purement capitalistique et une tradition coopérative participative dont la logique est quant à elle agricole et industrielle.

En Roumanie, la coopération agricole a très mauvaise presse, renvoyant aux heures sombres de la collectivisation agraire, présentées de manière très surprenante au Musée du paysan roumain à Bucarest. Il n'est donc pas si étonnant que cela qu'il ait fallu passer par un investissement d'une entreprise israélienne financé par la BERD pour permettre au porte-étendard de la tradition coopérative française de prendre pied en Roumanie.

Bravo la petite fleur !

Et voyons à l'avenir si l'agriculture roumaine saura se réinventer une tradition coopérative autonome et volontaire, dépassant les sortilèges du passé.