07.12.2008

Napoléon III, Victor PLACE, Alexandru Ion CUZA et l'unité roumaine

 

Une exposition intéressante sur "Napoléon III et les principautés roumaines" est actuellement présentée au Musée national d'art de Roumanie, à Bucarest. Organisée avec le Château de Compiègne, la Réunion des musées nationaux (France) et l'Institut français de Bucarest, elle traite à travers des témoignages historiques (archives diplomatiques, lithographie, photos) et artistiques (peinture, mobilier) des échanges entre la France et les principautés roumaines (Moldavie, Valachie) à l'époque clé de la réalisation de l'unité roumaine.

L'expo aurait mérité de mettre plus étroitement en perspective la manière dont la France, suite à la guerre de Crimée (1854/1856) a contribué à animer le jeu des puissances dans un sens conduisant, in fine, à la reconnaissance de l'indépendance roumaine en 1878.

Le second Empire de Napoléon III aura indubitablement parrainé l'union personnelle des principautés roumainesunion des principautés.jpg, tout en ménageant les intérêts de la Sublime Porte (l'Empire ottoman) dont il état allié.

Ainsi, la synthèse des télégrammes reçus et envoyés par Victor PLACE, vice-consul de France à Iaşi à compter de 1855, est-elle particulièrement intéressante : ce dernier, avec clairvoyance informe dès le tout début de l'année 1859 Paris de la possible/probable élection de Alexandru Ion CUZA comme prince de Moldavie et de la possibilité pour lui d'unir sur son nom les couronnes de Moldavie et de Valachie. Demandant des instructions à Paris, il était alors répondu à Victor PLACE, observateur engagé et aguerri des soubresauts de l'indépendance roumain "restez passif".

Après avoir été le conseiller privilégié du prince CUZA (qui écrivit à Napoléon III pour demander sa nomination comme Ambassadeur à Bucarest), Victor PLACE fut muté et revint finir, discrètement, ses jours à Iaşi.

Vu de Roumanie, il reste un de ces personnages de l'ombre qui a accompagné l'indépendance roumaine. Vu d'Irak, il reste un des acteurs des fouilles archéologiques de Khorsabadlion de khorsabad.jpg, ayant été auparavant consul de France à Mossoul, revenant alors aux racines de l'Assyrie. Sa carrière diplomatique n'en n'aura pas vraiment été récompensée, ses initiatives ayant toujours été en avance d'un temps sur l'accélération du tempo au bal des Puissances (ce qui dérangeait nécessairement sa hiérarchie).

01.12.2008

39,26 % de participation et des équations à trois inconnues : le prix de la démocratie (sans électeurs) ?

 

Dieu merci, ce blog n'est pas politique et n'a pas vocation à l'être. J'avais pensé y glisser des photos des affiches de campagne les plus irrespectueuses des électeurs (que certains candidats prennent vraiment pour des c....), des commentaires désabusés sur une campagne pour les élections législatives (Chambre des députés et Sénat) sans militants et sans candidats mouillant leurs chemises pour aller au devant des électeurs, voire des billets tentant d'analyser les programmes (quel grossier terme) des partis en campagne.

Aujourd'hui, 1er décembre, Fête nationale en Roumanie. Devant l'Arc de triomphe de Bucarest, les dépôts de gerbe se font sous une brume qui incite à rester chez soi.

C'est ce qu'une majorité d'électeurs a fait hier, la participation ayant chuté à un niveau historiquement bas : 39,26%.

Avec un clivage villes/campagnesélections.JPG très marqués, les électeurs en milieu rural se rendant plus fidèlement aux urnes (effets du clientélisme en milieu rural ?). Ainsi dans les villes du judeţ de Timiş la participation en milieu urbain n'a pas dépassé 29%, elle était de l'ordre de 30% seulement à Bucarest.

Retournons vidons le verre, les chiffres sont abyssaux : des taux d'abstention grimpant à 71%. Dès hier, la Fundaţia Pro Democratia, une des ONGs faisant un (précieux) travail de monitoring des élections à constaté que ce taux d'abstention colossal est dû avant tout à une distance sans nom entre les candidats et les électeurs, alors même que le nouveau mode de scrutin qui était expérimenté hier (vote uninominal à un tour) avait pour objectif premier de rapprocher les candidats de leurs électeurs en octroyant une prime absolue (à la britannique) aux candidats capables de rallier 50% des suffrages exprimés dès le 1er tour.

Le mode de scrutin mis en oeuvre ne permet pas de retracer la composition des 2 assemblées à partir des nombres de voix exprimés, le scrutin relevant d'un mixte entre un mode de scrutin majoritaire et un mode de scrutin proportionnel (sièges non attribués aux candidats ayant réunis sur leur nom plus de 50% des voix répartis à la proportionnelle par judeţ).

Hier soir l'alliance PSD/PC (Parti social-démocrate, comportant en son sein une aile gauche peu réformiste, allié au Parti conservateur [PC] de centre-droit) l'emportait devant le PD-L (Parti démocrate-libéral, de centre-droit), laissant loin derrière le PNL (Parti national-libéral, libéral économiquement et sociétalement). Ce matin à 10h00, les résultats partiels remettent en selle le PD-L devant l'alliance PSD/PC.

Attendons donc la composition finale des assemblées. Le futur gouvernement sera dans tous les cas un gouvernement de coalition et les alliances qui se nouent en coulisse se feront sans que les électeurs n'aient donné leur avis, les tactiques d'alliances n'ayant, bien entendu, pas été explicitées au grand jour en amont.

En quelque sorte, une alternative entre l'alternance dans une certaine continuité et une continuité avec alternance partielle ? Symptômes d'une démocratie moderne et d'une société qui se cherche ?

...