16.09.2008
Eloge de l'homme roumain
L'été se termine de manière abrupte, avant que ne revienne l'été indien/tzigane. L'apparition sur quelques écrans bucarestois de Boogie, film de Radu MUNTEAN présenté cette année à Cannes (Quinzaine des réalisateurs) permet un crochet par la Mer noire, à Neptun, lorsque le beau printemps arrive.
Boogie montre des trentenaires on ne peut plus banal, un couple sans histoire(s), le côté riant et anodin de la jeune génération qui, matériellement, trouve sa voie, cahin/caha, en étant restée en Roumanie ou partie à l'étranger. Boogie donne un coup de projecteur, ni trop vif, ni trop blafard, sur certaines réalités de la Roumanie d'aujourd'hui. C'est drôle et c'est grinçant.
Et c'est surtout un magnifique éloge de l'homme roumain. Heureusement qu'il ne s'agit que d'une fiction...
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15.09.2008
Calea Victoriei, pe jos (à pied, redécouvrons Bucarest)
Quand on descend Calea Victoriei, artère centrale de Bucarest, et que l'on slalome à pied entre les voitures garées sur l'esplanade séparant l'ancien palais royal (qui abrite le Musée national d'art de Roumanie), de la Bibliothèque centrale universitaire et du théâtre de l'Athénée, on se dit que, décidemment, la bagnole est reine à Bucarest et l'urbanisme inexistant.
Il y a dans les tiroirs de certains cabinets d'architecte des projet de pietonnisation partielle du centre ville. Mais aussi longtemps qu'il n'y aura pas de Plan de déplacement urbain défini et que les Bucarestois auront de nouveau les moyens de trouver une alternative fiable et crédible à la voiture, penser Bucarest sans voitures ne sera qu'une vue de l'esprit.
Du coup, l'initiative proiect pietonal ("projet piéton") du collectif d'architectes POINT 4 soutenue par la revue Arhitectura est intéressante : loin de penser la restructuration radicale de Calea Victoriei, les architectes proposent l'installation d'un trottoir en bois surélevé
qui permettrait la circulation fluide et sécurisée des piétons, tout en limitant physiquement l'emprise des voitures. Dans leur optique, ce projet renvoie à l'histoire de Calea Victoriei , qui s'appelait auparavant Podul Mogoşoia ("le pont [menant vers le faubourg de] Mogoşoia) car la chaussée en bois était en réalité un pont posé sur un terrain marécageux non parfaitement stabilisé.
Le prototype peut être vu devant la librairie Cartureşti sur Bd. Magheru et une pétition peut être signée en ligne.
Voici une initiative participative très urbaine, rare, astucieuse, et qui mérite d'être soutenue !19:05 Publié dans b. fragments bucarestois | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Bucarest, Bucuresti, Calea Victoriei, Podul Mogosoaia, Pont 4, arhitectura, proiect pietonal
14.09.2008
European (sportive) pride ?
On a gagné et on ne le sait même pas, à moins de lire les blogs et sites spécialisés de certains Européens tellement convaincus qu'ils s'efforcent de croire à l'émergence d'un patriotisme sportif européen ; Laurent en a entendu parlé à des terrasses de café à Nancy, Café Babel a titré dessus et la Jeunesse européenne fédéraliste (JEF) avait même anticipé en créant le site EU Olympics. 
Résultat non pas des courses à Vincennes mais des jeux à Pékin : les 27 Etats membres de l'Union européenne étaient engagés et seules 3 délégations nationales sont revenues sans médaille (la chypriote, la luxembourgeoise et la maltaise). La délégation roumaine est elle revenue avec 8 médailles, dont 4 en or.
Et en chiffres cumulés, 87 médailles d'or ont été attribuées aux Européens, soit exactement autant qu'à la Chine et aux Etats-Unis réunis ! Et 280 médailles d'or, d'argent et de bronze, contre 110 à la Chine.
N'allez pas chercher ces chiffres sur les pages de la Commission européenne consacrées au sport (in english only, of course...). La Présidence française du Conseil de l'UE s'est quant à elle fendue d'un petit communiqué en ce sens, bienvenu.
En marge de l'ouverture des jeux, la Ministre française en charge des sports, Roselyne BACHELOT, avait convié ses homologues européens à une réception à Pékin. Effectivement, le sport n'est pas une compétence partagée (et a fortiori exclusive) de la Communauté européenne (sinon, il y aurait de longue date une équipe européenne de foot...), mais des actions dites "d'appui" peuvent être engagées aux fins de coordonner les politiques des Etats membres en faveur des pratiques sportives non professionnelles et non commerciales (d'ailleurs, 2004 était l'Année européenne de l'éducation par le sport). Et le sport professionnel est soumis au droit européen de la concurrence.
Autrement dit, le sport comme facteur d'éducation, de socialisation, d'égalité des chances est un enjeu européen, mais dès que l'on sort les sifflets, les écharpes et les drapeaux, le(s) chauvinisme(s) sportif(s) sont parfaitement nationaux (ou régionaux).
Et les quelques uns qui comme moi se réjouissent de la victoire européenne, fictive bien entendu, aux JO de Pékin, ne font que rappeler que l'Europe souffre cruellement du manque de fierté que les Européens éprouvent à l'égard du projet europeén.
Derrière, c'est - encore et toujours - l'identité du projet européen et le souffle qui fait vivre et incarner la citoyenneté européenne qui est faible, bien trop faible. Et ceci est parfaitement absurde. Alors consolons-nous en faisant notre ces médailles européennes.
18:44 Publié dans e. l'imaginaire du réel | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : UE, EU, sports, JO, médailles européennes, European pride
13.09.2008
déplacements improbables
Si l'on en croit la carte des routes européennes, la Roumanie est un noeud routier et ferroviaire entre Europe centrale, Balkans occidentaux, Europe du Sud-Est et Mer noire.
La route européenne E70 qui va de l'Atlantique (La Corogne, à l'Ouest de l'Espagne) à Poti sur la Mer noire en Géorgie traverse la Roumanie du Sud de Timisoara, en arrivant de Serbie, à Ruse sur le Danube. Bonne chance à celui qui voudrait emprunter cette route du début à la fin ; et le passage de la frontière turco-géorgienne ne serait pas le plus difficile, comparé aux 200 kilomètres qui séparent Timisoara de Orsova sur le Danube, à la sortie des Portes de fer.
De retour de vacances, plus de 5h00 montre en main pour faire 200 kilomètres sur une route défoncée et en travaux, qui désespère les Roumains et met à nue la faiblesse des infrastructures de transport en Roumanie, pour un bout bon de temps encore, si l'on en croit la mauvaise planification des travaux, leur phasage improbable, la qualité des enrobés utilisés. Avec 9% de croissance par an, l'économie roumaine risque un jour de se réveiller avec la gueule de bois si les investisseurs devaient commencer à s'interroger sérieusement sur la fragmentation des chaines logistiques et l'imprévisibilité des temps de transport.
Du coup, les transports risquent de devenir un enjeu de la campagne électorale pour les élections législatives du 30 novembre 2008. Mais le problème restera certainement entier à l'issue de la législature 2008/2011, puisque le Programme opérationnel "transports" 2007/2013 financé sur fonds structurels ne couvrira qu'une petite partie des besoins en routes (en résumé, l'autoroute Transylvania Bucarest/Brasov/Cluj/Hongrie) et que le programme de remise à niveau des routes nationales devra s'appuyer sur des financements nationaux dont la gestion est quelque peu improbable.
C'était le coup de gueule de la rentrée...
Cela étant, je garderai un souvenir ému des longues minutes passées à suivre un enterrement dans un village, de l'étonnement du paysan s'étonnant d'apprendre que je ne comptais pas siffler au volant la bouteille de tuica que je lui ai achetée, avant d'éviter des chevaux sur la route et de me raconter l'histoire de Paf le chien ("et paf, le chien !").
Bonne route !
18:10 Publié dans d. (sans) transition | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Roumanie, Romania, DN6, drumuri nationale, E70, infrastructures, route


