27.05.2008
Le degré -1 de la politique
Je ne pense pas que je ferai lundi prochain, après le 1er tour des élections locales (municipales et élections des conseils de judeţs) de commentaires sur les résultats. Parce que les enjeux sont tout, sauf politiques (au sens noble du terme : en lien avec les besoins de la cité et les attentes programmatiques des citoyens).
Pas de diaporama non plus présentant les affiches gigantesques des candidats à la mairie de Bucarest (et aux mairies de secteurs) accrochées aux immeubles comme des pubs pour des lessives (lave plus blanc) ou des assurances-vies (si vous votez pour moi, l'herbe sera plus verte).
Pas de capture d'écran des publicités électorales (je dis bien des pubs, pas des spots) intercalées entre des pubs pour des biens plus matériels.
Pas de commentaires sur les slogans plus ou moins bien trouvés (sans parler d'un site web non conçus pour des francophones : http://www.tancul.ro ou la démocratie aux trousses ou afficher clairement ses intentions à l'égard des électeurs).
Juste le constat désabusé que la démocratie roumaine n'a rien à apprendre du marketing électoral mis en oeuvre depuis des années en Europe de l'Ouest : le débat de fond, non, les stratégies de clientèle, oui !
Le financement de la vie politique et les collusions entre la politique et les médias restent des sujets d'études.
07:30 Publié dans d. (sans) transition | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, Bucarest, marketing, coup de gueule, clientélisme
26.05.2008
Si chers voisins
Samedi dernier, finale de l'Eurovision, rendez-vous très important pour Jean-Paul GAULTIER (qui a paraît-il commenté la finale depuis Belgrade pour la télévision française) et tous ceux qui ne sont pas dans l'Union européenne : pour la Serbie, pays hôte, les autres pays des Balkans occidentaux, les trois Etats du Sud-Caucase, la Moldavie, l'Ukraine et la Russie, être sélectionné pour la finale de l'Eurovision, c'est encore mieux qu'un Accord de stabilité et d'association avec l'Union européenne. Sans oublier l'ineffable décrochage par Jérusalem (!!!) pour entendre l'octroi des "twelve points" par les téléspectateurs israéliens à la Russie.
L'Eurovision, c'est un peu l'Europe en très grand et le stade ultime de la variétoche (en anglais, si possible) appliquée au rapprochement entre les peuples.
Sur un plan artistique...
Mais cela peut être rigolo d'analyser (quel grand mot) qui donne ses points à qui. Et là il y a de l'espoir : l'Albanie donnant 10 points à la Serbie (!), la Géorgie à l'Arménie, l'Estonie à la Russie (vainqueur).
Et devinez qui à donné 12 points à Nico et Vlad MIRITA qui avaient au moins le mérite de chanter dans leur langue (la soupe en VO c'est quand même mieux que la soupe en VAnglaise) : la Moldavie.
Comme quoi, les relations Moldavo/Roumaine sont au beau fixe (M. VORONINE a-t-il lui aussi envoyé un SMS surtaxé ?).
07:53 Publié dans e. l'imaginaire du réel | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : culture, soupe, Eurovision, Moldavie, VORONINE, Nico et Vlad MIRITA
25.05.2008
Etre, croire et avoir
Plutôt qu'un long "post", deux images commentées :
- près de Buzau (Nord-Est de Bucarest, dans le piémont des Carpates), photo prise devant le monastère Ciolanu, posé en haut d'une colline et entouré de forêts et d'une jolie prairie accueillant un jardin de sculptures des années 70. Foule dense en ce lundi de Pâques, recueillie et festive. Des cierges sont brûlés avant le déjeuner sur l'herbe (la gratăr, avec barbecue, bien sûr) en famille. Et avant de reprendre la route, un pope bénit la voiture, capot ouvert.
Pas d'achat d'indulgence, juste la croyance que la bénédiction du pope vaut extension de garantie et prémunit des accident,
- le même jour, en haut d'une vallée perdue, promenade dans le village d'Aluniş, isolé de tout et dont nous garderons un souvenir mémorable (côté pile : la très chaleureuse hospitalité de paysans nous invitant à boire un coup et visiter leur ferme, d'un autre temps ; côté face : les oeufs de pâques, peints, pas assez frais, nos estomacs s'en souviennent...). En haut du village, une église moitié en bois, moitié taillée dans le roc, seul lieu de recueillement accessible et encore consacré dans un coin qui abritait des ermitages pour des croyants qui seraient venus se réfugier il y a des siècles de Capadoce. Loin de tout.
Une même Eglise, les mêmes croyances, deux mondes : être, croire et, parfois, avoir.
11:25 Publié dans e. l'imaginaire du réel | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Roumanie, Romania, Buzau, Alunis, Manastirea Ciolanu, église orthodoxe, Pâques
21.05.2008
La vi(ll)e est à nous : vive la nuit des musées !
Lundi matin dans la presse, incrédulité : 100.000 Bucarestois dans la rue pour aller de musée en musée, lit-on dans les journaux. Romania Libera y a même vu (on croit ce que l'on veut croire) le signal d'une société civile en recomposition, souhaitant dépasser le matérialisme ambiant !
De 21h00 à 5h00, pérégrinations du MNAR au Musée national d'art contemporain (MNAC), en passant par le Musée du paysan roumain (Muzeul Ţarănului Român) et l'improbable Musée Enescu, dédié à l'hagiographie du grand compositeur :
- 21h00 : foule monstre au MNAR et animations en tout genre (musique, tableaux animés, projection de films d'avant-garde de l'entre-deux guerre et foule devant les collections des classiques flamands ou français)
- minuit : saucisses et bières au Musée du paysan, ambiance de kermesse, curieux au pas dans le musée, bon enfant...
- 0h30 : passage au Musée Enescu : des djeunes en t-shirt Metallica ou Guns and Roses se recueillent devant les partitions manuscrites du maître
- 2h00 : au MNAC, musardage à travers les collections et down tempo sur la terrasse de l'aile Ouest du Palais du Parlement (très bonne musique, nuit douce)
- 5h00 : le jour se lève, la foule (jeune) s'amuse dans un lieu dédié à l'art contemporain, l'air embaume le tilleul et la rose, Bucarest s'éveille.
Serait-ce l'été ? Bucarest aussi sait être une fête.
ps : et dans la nuit du 23 au 24 mai, des galeries d'art remettent cela avec la Nuit des galeries (Noaptea Albă de Galeriilor)
21:30 Publié dans f. petits plaisirs du quotidien | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Roumanie, Romania, Bucarest, Bucurest, musées, nuit des musées, Noaptea Muzeelor
14.05.2008
Patrimoine immatériel européen
Dimanche après-midi, escape à Roussé (Russe), port fluvial sur le Danube en Bulgarie, à moins de 60 kilomètres de Bucarest, mais mentalement très loin. Le pont de l'amitié construit en 1952/1954 par le grand frère soviétique de l'époque est le principal trait d'union entre deux pays, Bulgarie et Roumanie, qui s'ignorent quelque peu, faute de ne pas s'aimer (pas d'antipathie réciproque et plus de conflit territorial) et de ne pas vouloir encore mieux se connaître.
A Roussé, ambiance très paisible en ville et le long du Danube. Vision surprenante du drapeau mongol sur la place centrale à l'emplacement d'un consulat honoraire de la très honorable République de Mongolie ! Et le sentiment diffus que la ville natale d'Elias CANETTI a dû être très métissée, cosmopolite avant que la glaciation communiste ne la condamne à un repli forcé sur elle-même, dos au Danube
. Sur un immeuble Jugendstil, confirmation en est faite : ce bâti, intéressant mais pas exceptionnel, s'est vu décerner le Label européen du patrimoine
pour ce que cette ville a représenté pour les échanges intra-européens, matériels et spirituels, au siècle passé. La Ratschuk de CANETTI est donc, légitimement, fière sa mémoire européenne.
20:05 Publié dans c. histoire(s) et territoire(s) | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Bulgarie, Roussé, Russe, Danube, Label européen du patrimoine, Elias Canetti
13.05.2008
Urbanisme et germanité
Sibiu (Hermannstadt en allemand) n'est plus en 2008 Capitale européenne de la culture, mais l'enchantement demeure tant cette ville est délicieusement harmonieuse, ripolinée et décrépite, fière et modeste, étonnante.
La Gesellschaft für technische Zusammenarbeit (GtZ)

, opérateur privilégié du Ministère fédéral allemand du développement, à fait un très bon (et visible) travail de réhabilitation urbaine dans l'hyper-centre, fini juste avant que Sibiu ne soit désignée comme Capitale européenne de la culture 2007, avec Luxembourg et la Grande Région (trait d'union retrouvée entre la région d'origine de la plupart des "saxons" de la Région qui, paradoxalement, étaient très peu à venir de Saxe).
Il ne faut donc pas s'étonner à Sibiu de voir une signalétique urbaine très allemande
(cabines téléphoniques, panneaux) qui ne touche que l'hyper-centre. Le maire Klaus JOHANNIS, issu de la minorité allemande, a su très bien promouvoir l'image de sa ville, au grand plaisir de la plupart de ses administrés, roumanophones (la ville n'étant plus aussi multilingue et multiethnique qu'elle ne l'était).
Histoire (tristement) drôle entendue sur place : des touristes germanophones débarquent à Sibiu et s'adressent, sans être compris, à plusieurs passants en allemand puis finissent par dénicher un germanophone (non natif). "Mais nous croyions que Sibiu est une ville de tradition allemande ?" demandent-ils ? Et leur interlocuteur de leur répondre : "Oui, bien sûr. Mais les Allemands ne sont pas dans la rue, ils sont tous réunis pour le conseil municipal !"
19:55 Publié dans c. histoire(s) et territoire(s) | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Roumanie, Sibiu, Hermannstadt, GTZ Rumänien, urbanisme, Capitale européen de la culture
12.05.2008
Jours tranquilles en Transylvanie
La noirceur à l'âme faute d'avoir dû désenchanter le monde et la perception de son propre être après avoir quitté Raşinari : Emil(e) CIORAN a paraît-il toujours considéré son village natal, aux portes de Sibiu, comme étant son propre eden qui ne pouvait qu'être quitté pour poursuivre son chemin dans la vie.
De passage à Raşinari, le sentiment de plénitude est bien là en remontant la longue rue pavée d'un village transylvain niché dans un vallon
et fier d'avoir gardé sa structure et son harmonie ; et niché entre les contreforts des Carpathes et Sibiu, Raşinari est un havre de paix pour un week-end, un topos du village roumain, à quelques encablures de Sibiu et du passionnant musée Astra, qui prouve que l'identité roumaine est bel et bien composite et terrienne.
Sur les pas de son lointain parent, le fils des propriétaires de la pensiunea Cioran imagine quant à lui son avenir "en ville" (à Sibiu) mais sait que tel un élastique ses pas le ramèneront de temps à autre à Raşinari pour se ressourcer.
19:50 Publié dans c. histoire(s) et territoire(s) | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Roumanie, Transylvanie, Rasinari, Raşinari, Cioran, Sibiu
11.05.2008
Regard(s) européen(s)
Pendant quelques jours encore on peut voir à Bucarest (puis ensuite à Timişoara, Craiova et Iaşi) des films de presque tous les pays européens, programmés sur le thème du dialogue interculturel. Logique en cette Année européenne du dialogue interculturel. L'Institut culturel roumain et la délégation/bureau d'information de la Commission européenne en Roumanie permettent ainsi d'élargir son horizon sans devoir aller au multiplexe voir un énième nanar américain : comme le rappelle la bande-annonce, une semaine par an, le cinéma européen a une (petite) place pour lui chez lui, en Roumanie.
19:50 Publié dans b. fragments bucarestois | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Bucarest, Bucuresti, film, cinéma, festival, Festivalul filmului European, Festival du film européen




