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27.01.2008

le regard interdit

Si vous êtes à Bucarest, courrez d'ici le 3 février à la galerie du Musée national d'art contemporain (3ème/4ème étage du Théâtre national, entrée sur l'aile droite du batiment, bd. Carol Ier) voir l'expo Fotografii şi imagini interzise şi personale (photographies et images interdites et personnelles) de Andrei PANDELE, architecte et photographe qui exposes des scènes de rue et de vie quotidienne à Bucarest (et ailleurs en Roumanie), prises de mars 1977 (tremblement de terre qui ravagea Bucarest) à l'après-révolution.3aea1528f0b01d6268de1b4f9e2a25e3.jpg

Les petits riens qu'il photographie avec humour (un berger chargeant sa barque d'agnelets, une femme s'épilant devant un tas de maïs à l'heure des travaux agricoles obligatoires...), désarroi (l'urbanisme arbitraire des années 80), ou agacement (Elena Ceauşescu paradant boulevard Magheru dévasté par le tremblement de terre dans sa Mercedes noire avec comme seule commentaire : "la savante analphabète"...) 57207868ac0873d61c8067ebaebc1359.jpgsont autant de fragments de la vie quotidienne à Bucarest au cours de ces trente dernières années, vus avec empathie et dérision.

===Expo ouvertue du mercredi au dimanche de 10h00 à 18h00, entrée gratuite===

26.01.2008

Stella, digne d'Ouest en Est

Il n'est pas de Hanul (en roumain : l'hôtel, le refuge, le caravansérail) que le Hanul Manuc des bords de la Dâmboviţa à Bucarest ou les refuges touristiques aux quatre coins de la Roumanie rurale ou montagneuse : le Hanul c'est aussi un campement aux portes de Paris, en Seine-Saint-Denis, le long d'une autoroute périphérique où cohabitent Rroms de Roumanie et d'ailleurs, Roumains non Rroms, et autres migrants venus d'Est en Ouest.

Parmi eux, Stella la Roumaine de Brăila, port sur le Danube et villes des errances (Panaït Istrati y est né), et Marcel son second mari, Rrom et Roumain, arrivés aux portes de Paris pour trouver le salut médical (les meilleurs médecins de spécialité roumains y sont, disent-ils...) et fuire le quotidien d'un pays où ils ne trouvaient plus leur place avant la Révolution de 1989 (un couple mixte, non accepté par les deux familles) et après (plus d'emploi). 090d9f0714136f2ad31505bc1b2bf24e.jpg

La caméra de Vanina VIGNAL, passeuse entre le monde de Stella et les notres, n'enjolive rien et ne retire rien à la vie de Stella et des siens dans leur bidonville. Le regard baissé de Stella mendiant dans le métro, son attendrissement devant sa petite nièce, le combat pour mener une vie digne dans ce Hanul, les confidences arrivant progressivement sur les raisons du départ pour la France, les images flétries d'un passé vu en sepia, la brutalité du retour au pays ... tout ceci permet d'accepter le libre-arbitre de cette héroine malgré elle et de voir dans sa dignité une ultime force de résistance contre un monde dans lequel elle ne trouve pas sa place.

Preuve encore une fois que ce cinéma du réeel, trop peu vu et reconnu en Roumanie, contribue à mieux comprendre les traumatismes des laissés-pour-compte de la transition tout en rendant à l'individu dans la société sa part de responsabilité pour ce qu'il est.

les gens de Bucarest (suite) : Bunica, 93 ans

L'autre soir à l'Institut français de Bucarest, nous étions sans en avoir été prévenus une petite quarantaine à fêter les 93 ans d'une grande petite dame, frêle et volontaire, pétillante et malicieuse : Ana IONESCU-ASLAN. A moins d'être un Bucarestois de souche et un fin connaisseur des grandes familles de cette ville, ce nom ne vous dit probablement rien.

Effectivement, c'est l'anniversaire de son double, Bunica (grand-mère en roumain), que nous avons fêté après avoir eu la chance de l'entendre commenter de vive voix, dans un français délicieux, les images du documentaire réalisé par sa petite-fille : Bunica, portrait intimiste d'une dame issue de la bonne bourgeoisie valache, indépendante et mue par une force intérieure lui permettant de passer à travers les gouttes de l'histoire avec détachement et élégance, nous emmène effectivement en 1h30 dans l'histoire de la Roumanie d'après-guerre. A travers le seul témoignage de cette femme ayant décidé de devenir conductrice de bus dans les années 60, en s'inventant une vraie-fausse identité prolétarienne pour pouvoir permettre à son fils unique (nécessairement chéri mais invisible dans le film) d'aller à l'université19a7d41fc22ab735eefd3cb603cb9c4f.jpg, une histoire intime permet d'appréhender des bribes d'une histoire collective (ce qui est la force du cinéma du réel à l'honneur cette semaine).

En l'accompagnant au marché avec son voisin, colosse sensible travaillant la moitié de l'année comme steward sur des bateaux de croisière à l'autre bout du monde, en écoutant "sa" factrice nous raconter avec flegme que en décembre 1989 il était compliqué d'assurer la distribution du courrier à Bucarest (!!!), en voyant des ferrailleurs tziganes comprendre qu'ils n'ont plus leur place dans une ville en plein boom (déglingue + béton = transition), ce sont autant de fragments emblématiques de plusieurs Roumanies que l'on découvre.

Et sa réalité à elle, c'est celle de la culture et de la confiance en soit qui permet d'affronter les aléas du quotidien, d'aimer sa Ţara Românească (terre roumaine, nom historique de la Valachie) tout en rappelant que l'Europe ce sont les Etats-Unis moins l'unité ... mais avec une appétence folle pour la culture et la complexité du monde en plus.

Il n'y a pas d'âge pour être jeune et bien dans sa tête : merci à vous, Bunica, de donner cette leçon à la jeune génération !

22.01.2008

la guerre des ondes a bien eu lieu

Les radionautes qui écoutent les radios d'ailleurs par jeu et par goût des autres le font souvent gratuitement, pensant que l'herbe radiophonique des grandes ondes est plus verte que dans le champ de sa bande FM domestique.

Cold waves (en français la guerre des ondes), documentaire tout juste matiné d'une petite dose de distanciation brechtienne de Alexandru SOLOMON fbaa3de8ddfdff3fc45f7522e0e3106d.jpgvient fort à propose rappeler que les ondes, non brouillées et passant les frontières, peuvent aussi être un trait d'union avec son propre pays.

En racontant l'histoire des programmes en roumain de Radio Free Europe de l'après-guerre à 1989, en mettant en exergue les tentatives avortées - malgré attentats et empoisonnements lents - de la Securitate de mettre fin aux émissions de cette radio financée par les Américains, Alexandru SOLOMON nous raconte aussi l'histoire de simples particuliers, ouvrier, enseignante (aveugle), psychologue, dont la dissidence a trouvé une résonance par le biais des ondes. Si peu de citoyens aux temps glorieux de Ceaucescu étaient émetteurs d'un message critique par rapport aux acquis du Sonderweg de la Roumanie socialiste - qui a tant fasciné les Etats-Unis, la France, l'Allemagne de l'Ouest...-, beaucoup d'entre eux étaient récepteurs des messages plus ou moins subtils relayés depuis Munich par cette radio. Et à force d'écouter cette radio, la secousse tellurique qu'a été la révolution de 1989, imprévisible et pourtant attendue, a certainement été rendue pensable pour ceux qui à Timisoara puis à Bucarest se sont soudain dit, à quelques jours de Noël, que leur voix pouvait aussi être entendue.

En contrepoint désabusé, le témoignage d'un ancien responsable de l'unité chargée par la Securitate de tout mettre en oeuvre pour destabiliser cette radio, devenu député du parti Romania Mare (extrême droite), vient aussi nous rappeler que la Roumanie d'aujourd'hui, faute d'assumer et d'analyser son passé, peut aussi laisser libre court au plus odieux révisionnisme historique, allié objectif d'un mercantilisme de courte vue : l'opium du peuple aujourd'hui en Roumanie, c'est peut être le culte de la consommation et de l'image instantanée d'un autre bonheur irréel...

20.01.2008

au théâtre ce soir

En sortant l'autre soir de l'Athénée roumain, salle de la Philharmonie Enescu, m'étonnant de voir un ciel de brume être soudainement descendu sur le coeur de la ville, prélude à la fonte des neigesf2c34e5f87fe37c9af02aff8591cc64f.jpg, j'étais un peu songeur, tant ce lieu est chargé de symboles.

Symbolique explicite de l'exaltation d'une histoire nationale sous la coupole de la grande salle de concert avec une fresque présentant en 25 motifs les grands moments de l'histoire roumaine telle qu'elle pouvait être perçue à la fin des années 1880, alors que Bucarest se construisait à l'image de ce que voulait être la Roumanie moderne : occidentale et ouverte, mais également ancrée dans le temps long d'une légitimité historique bien plus forte que la (non-)réalité stratégique de l'existence de la Roumanie dans le concert des nations.

Symbolique aussi de voir un chef américain, Larry LIVINGSTONE, diriger en première partie l'ouverture à Candide de Leonard BERNSTEIN, suivie d'un concerto pour clarinette et orchestre de MOZART et de la 5ème symphonie de CHOSTAKOVITCH, balayant d'Ouest en Est les frontières entre musique "bourgeoise" et européenne. Aurelian-Octav POPA, clarinettiste de la Philharmonie et soliste mis en avant pour ce concert, virtuose et fantasque, était heureux de partager avec son public ces envolées maîtrisées.

Et sans à aller chercher de symboles, quel plaisir de voir au concert un public varié, pas tape-à-l'oeil, bourgeois et populaire, jeune et vieux, bien et mal habillé. A se demander si l'Athénée n'est pas un des très rares endroits à Bucarest où des gens venant d'horizons très variés se rencontrent sans se croiser...

les gens de Bucarest

Ma soeur m'a demandé de mettre en ligne des portraits de "vrais" gens rencontrés aux quatre coins de Roumanie, afin de pouvoir derrière des tranches de vie donner à comprendre en filligrane ce qu'est la Roumanie d'aujourd'hui. Promis, ce sera fait dans les prochaines semaines, rendant ainsi ce blog plus personnel et intimiste.

En attendant, je ne peux que vous inciter à lire Bucarest : le dégel 56bc2539124ad70a4a8d62467b4b7b74.jpg de Mirel BRAN (correspondant du Monde en Roumanie), série de portraits de personnalités emblématiques du renouveau culturel, politique et associatif de Bucarest, éditée en français par les éditions Autrement dans la série Villes en mouvement et agrémenté de photos intéressantes de Franck HAMEL.

Et sur la "télévision de découverte francophone" (sic) en ligne (dont j'ai découvert à l'instant l'existence), une série de portraits de "Roumains qui nous parlent de leur relation au français et à la francophonie", journaliste, universitaires, responsables associatifs. Ne vous laissez pas rebuter par le côté très institutionnel de l'habillage et du parti pris de ces portraits (réalisés avant le sommet de la Francophonie de Bucarest en septembre 2006) : certains propos permettent de comprendre en quoi la francophonie en Roumanie a des raisons du coeur et le coeur de la raison ... pour ce qu'il en reste (les vestiges du jour, pour finir ce "post" sur une autre référence littéraire anglo-saxone ?)

petit inventaire des médias francophones en Roumanie

Pas évident de suivre l'actualité politique, culturelle, économique et sociale roumaine lorsqu'on n'est pas roumanophone, les médias anglophones, francophones ou germanophones n'étant pas si développés que cela dans ce pays.

Pour commencer un tour d'horizon des sources d'info utiles sur la Roumanie, petit inventaire succint des médias francophones (et des sites internet qui aspirent à avoir un vrai contenu éditorial) ; des prochaines chroniques seront consacrées aux médias germanophones et anglophones.

En kiosques "internationaux" et dans les hôtels vous trouverez uniquement Bucarest Hebdo, hebdomadaire, et Regard, mensuel. Le premier se voudrait le seul vrai journal francophone mais son contenu éditorial est très fragile, tout comme sa diffusion, la lecture de son alter ego anglophone et quotidien, Nine O'Clock, permettant d'avoir accès à une info plus riche, mieux mise en perspective ... et dans un anglais moins approximatif que le français de Bucarest Hebdo. Le même groupe de presse édite également un hebdomadaire en italien, Sette Giorni. Le second, Regard, bien que pouvant donner l'impression d'être un peu le voix de la France, a l'immense mérite d'avoir un vrai contenu éditorial (originalité des textes, construction des dossiers) et de permettre d'aller au-delà de l'actualité quotidienne.

En ligne, vous pourrez consulter le portail roumanie.com édité en partenariat avec la Chambre de commerce et d'industrie de Lyon : informations économiques (surtout), politiques et culturelles ... et nombreux liens publicitaires avoués ou pas en font un portail d'information pratique mais dont la valeur éditoriale est limitée. L'édition bucarestoise du Petit journal est quant à elle plus informative est conviviale, l'objet affiché étant clairement d'être un bulletin de liaison pour des francophones souhaitant comprendre ad minimum l'actualité roumaine. Sur un autre registre, les pages Roumanie du Courrier des Balkans sont à signaler aussi.

Pour avoir des infos à la source, on peut aussi aller sur le site de l'agence de presse roumaine, RomPres (dépêches en français accessible en cliquant sur "english" sur la page d'accueil !) ou aller récupérer des dépêches AFP (Agence France Presse) sur les sites déjà cités ou, par leur intermédiaire, sur GoogleNews. Le site Investir en Roumanie reprend quant à lui les dépêches de RomPres.

Et si vous êtes déjà au fait du cadre général de la vie politique roumaine, la revue de presse de l'Ambassade de France en Roumanie est très instructive pour suivre l'actualité politique, sans commentaires autres que ceux des quotidiens roumains.

Et pour finir, l'écoute en ligne de RFI Romania, filiale roumaine de Radio France International, est plus que recommandée, tout comme celle de RFI qui bénéficie via la rédaction francophone de Bucarest de vrais moyens pour couvrir intelligemment l'acutualité roumaine.

14.01.2008

géopolitique du yaourt

Le yaourt est d'origine bulgare, parait-il, mais là, c'est d'une co-production franco-israélo-roumaine que je veux vous parler : ca y'est les yaourts Yoplait (la petite fleur) sont arrivés en Roumanie, pour le plus grand plaisir des amateurs de yaourts bien onctueux.

Je ne peux pas résister à faire un peu de pub pour ces 45e60205fc89f2cf1f9b2077f1392478.jpg yaourts produits par une entreprise israélienne, Tnuva Romania, non loin de Bucarest : celle-ci a investi plusieurs dizaines de millions d'euros avec le soutien de la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD) pour acheter une ancienne ferme collective et installer une unité de production parmi les plus modernes en Europe. Il s'agirait du plus gros investissement israélien en Roumanie. Et in fine, ce sont des yaourts d'une marque française, issue de la tradition coopérative, qui sont produits sous licence.

Effectivement Yoplait est détenu aujourd'hui à 50% par PAI, banque d'investissement de BNP Paribas et ) 50% par le groupe SODIAAL qui demeure quant à lui coopératif, mariage (très difficile) entre une logique purement capitalistique et une tradition coopérative participative dont la logique est quant à elle agricole et industrielle.

En Roumanie, la coopération agricole a très mauvaise presse, renvoyant aux heures sombres de la collectivisation agraire, présentées de manière très surprenante au Musée du paysan roumain à Bucarest. Il n'est donc pas si étonnant que cela qu'il ait fallu passer par un investissement d'une entreprise israélienne financé par la BERD pour permettre au porte-étendard de la tradition coopérative française de prendre pied en Roumanie.

Bravo la petite fleur !

Et voyons à l'avenir si l'agriculture roumaine saura se réinventer une tradition coopérative autonome et volontaire, dépassant les sortilèges du passé.

-5°8 le matin

Il paraît qu'on a parlé il ya deux semaines de Bucarest dans les médias allemands et français ! Ma tante ma même envoyé un très gentil mél, merci Isabelle, pour savoir si j'arrivais à survivre "par -20°" dans une ville où les rues sont apparemment bloquées par des congères. Effectivement, les images de Giurgiu (au Sud de Bucarest, près du Danube, où il a le plus neigé, comme en Bulgarie du Nord-Est) ou de Dobreta-Turnu-Severin ont du être présentées très rapidement sans que les journalistes prennent la peine d'expliquer que, contrairement aux habitudes, c'est dans la Dobroudja (plaine du Danube) et en Valachie qu'il a le plus neigé, les vents glacés et porteurs de neige venant de la Mer noire, alors que les conditions climatiques étaient un peu moins rigoureuses en Transylvanie, en Moldavie ou dans les Maramures.

Inutile de dire que les conditions n'étaient pas aussi rigoureuses que cela à Bucarest même si la neige a mis à nue la totale désorganisation des services de la voirie et surpris nombre de Bucarestois qui ont perdu l'habitude de rouler sur neige (ou qui n'avaient pas de voiture quand les hivers étaient plus neigeux, mais c'est un autre sujet).

Occasion d'indiquer que la Roumanie, pays historiquement et physiquement composite ne se limite pas à Bucarest (même si certains Français aiment en Roumanie croire y retrouver un clivage Paris/province qui vient conforter leurs fantasmes jacobins...), et que la météo roumaine est souvent très variée, surprenante et diverse, à l'image de ses territoires.

Du coup, je vous invite à aller consulter en ligne la météo de Bucarest et de plein d'autres villes roumaines, à défaut de mettre en ligne tous les matins la température qu'il fait sur mon balcon (-5°8 ce matin) ou à Miercurea-Ciuc, réputée être la ville la plus froide de Roumanie !

13.01.2008

an 1 ou an 18 ?

Temps court ou temps long, voilà la question que se pose tout historien aspirant à avoir une vraie profondeur de champ pour analyser le fait historique. Lorsque l'on constate que la révolution roumaine n'a que 18 ans, il est possible de croire que le recul historique est bien là, alors même que tout un travail est encore à faire sur la genèse et la conduite de cette révolution...

Pour autant, en ce début d'année 2008, il est question de la faiblesse, structurelle ou temporaire, du lei, de l'absence de ministre de la justice, du plus grand sapin de Noël en Europe (ou au monde) installé piata unirii à Bucarest... Actualité presque anodine.

Nous sommes an l'an 1 après l'adhésion de la Roumanie à l'Union européenne, célébré le 1er décembre dernier (fête nationale roumaine) par des passants agitant dans les rues de Bucarest des drapeaux à deux faces : l'une avec les couleurs du drapeau roumain avec surimprimé "[premier] premier décembre en Europe", l'autre avec un drapeau européen.

Nous sommes an l'an 18 de la révolution roumaine dont les images à chaud au journal télévisé d'Antenne 2 d'alors (voir les archives en ligne des JT des 21/25 décembre 1989 sur le site de l'Institut national [français] audiovisuel/INA) semblent presque irréelles tant cette réalité semble lointaine.

Le temps court du quotidien est celui de l'intégration européenne de la Roumanie, miraculeuse à considérer ces images. Images qui permettent de mieux mesurer le chemin parcouru par la Roumanie en 18 ans à peine et de comprendre, peut-être, pourquoi ce passé là est dissimulé par un présent, pas nécessairement glorieux, mais conquis à coup de réformes en passe d'être digérées.

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